Premiers pas avec l'IA : notes du formateur
Notes à tenir à côté de 00-praxis-first-steps-with-ai-fr.html (17 diapos, 14 idées). Le deck, c'est ce que la salle regarde ; ceci, c'est ce que vous dites, où vous vous arrêtez, et comment vous faites atterrir chaque idée. Version française des notes anglaises (00-first-steps-with-ai-teaching-notes.md), qui restent la source de vérité pour ce qu'on enseigne. Ce fichier est la source de vérité pour comment le dire en français. Conventions de langue : ../fr/README-fr.md.
Comment utiliser ces notes
- C'est la salle « sans construction ». Personne n'installe quoi que ce soit aujourd'hui, n'ouvre un terminal ni n'écrit de code. Tout se passe dans une fenêtre de conversation. Si vous vous entendez expliquer Claude Code, vous avez quitté le deck.
- Ce sont des repères, pas un script mot à mot. Enseignez à la personne, pas aux diapos.
- Registre : vous, du début à la fin. Salle de formation professionnelle.
- Chaque diapo d'enseignement a un bloc Pause, puis demandez. Posez la question, puis taisez-vous. Ne remplissez pas le silence. Si la personne se fige, une seule ligne : « Prenez votre temps. Écrivez quand vous êtes prêt, n'importe quoi, même “je ne sais pas”. » Puis attendez encore.
- Selon le métier donne une ligne par profil (
tutor/scenarios.md). Prenez celle qui correspond à la personne en face de vous et ignorez le reste. C'est une palette, pas une liste à lire. - Tenez la voix : pas de « excellente question », pas d'emoji, un seul terme, Claude Code. Sous-promettez. Le coût, c'est « environ vingt dollars par mois », et on s'arrête là.
- Deux questions avant la diapo 1 : quel travail leur mange la semaine, et ce qu'ils ont déjà essayé avec l'IA. Tout le reste atterrit mieux quand vous pouvez leur renvoyer leur propre tâche.
- Durée : environ 60 minutes à un rythme de marche, 90 avec de vraies discussions. Les diapos 8, 9 et 11 méritent qu'on déborde. Les diapos 2 et 15 sont celles qu'on coupe quand le temps manque.
Ce qu'est vraiment l'IA, et comment bien s'en servir
Poser le cadre : quatorze idées, une par écran, en partant de zéro. Personne n'a besoin de savoir quoi que ce soit pour être dans cette salle.
« Il y a quatorze idées ici, une par écran. On commence par ce qu'est vraiment la machine, puis ce à quoi on peut se fier, puis comment travailler avec pour qu'elle vous rapporte quelque chose. Vous n'avez pas à tout retenir aujourd'hui. Ce qui compte, c'est que vous repartiez en sachant ce qu'est cet outil et sur quoi vous allez le pointer lundi. »
Leur réponse à « qu'est-ce qui vous mange la semaine ». Nommez-la à voix haute et promettez d'y revenir à la dernière diapo. C'est le fil de toute l'heure.
Quelqu'un qui s'excuse d'être en retard, ou de ne pas être technique. Coupez court dans la première minute : rien aujourd'hui ne demande ça.
Toute la séance sur un seul écran
Quatre temps : ce que c'est, à quoi se fier, comment travailler avec, comment l'installer dans la semaine. Montrer le plan pour que personne ne se sente perdu ensuite.
« Voilà le plan. D'abord ce qu'est vraiment la machine, ça prend deux écrans et ça explique presque tout le reste. Ensuite à quoi se fier et où vérifier. Puis les habitudes de travail, c'est la plus grosse partie. Et enfin comment faire que ça tienne après cette séance. Si vous vous perdez, on revient à cet écran. »
N'enseignez pas le sommaire. Vingt secondes, puis on avance. Si la salle est petite et intimidée, sautez-le et allez directement à la diapo 3.
Il écrit un mot à la fois.
Claude ne va rien chercher. Il prédit un mot probable, encore et encore, à partir de régularités apprises sur énormément de texte. Ce seul fait explique presque tout le comportement qu'ils rencontreront plus tard.
« La chose la plus utile à comprendre, c'est qu'il ne cherche pas. Il n'y a pas de base de réponses derrière. Il regarde tout ce qui précède, choisit un mot probable, puis recommence, jusqu'à ce qu'une réponse existe. Le clavier de votre téléphone fait une version minuscule de ça depuis des années. C'est la même idée à une échelle énorme. Presque tout ce qui surprend les gens ensuite revient à ce seul fait. »
- « Sachant qu'il prédit au lieu de chercher, à quoi vous attendriez-vous qu'il soit bon ? »
- « Et qu'est-ce qui vous donnerait envie de vérifier ? »
(attendez)
- Enquêteur
- pourquoi il rédige bien une chronologie et invente mal une référence.
- Analyste
- pourquoi il explique une méthode avec assurance et se trompe sur un chiffre.
- Designer
- pourquoi il sort dix accroches plausibles plus vite que vous n'en tapez une.
- Travailleur du savoir
- pourquoi il traite la facture standard et bute sur l'exception.
- Rapporteur
- pourquoi le texte se lit bien pendant qu'un chiffre dessous demande un contrôle.
- Contenu
- pourquoi il ne manque jamais de formulations, et pourquoi la formulation peut dépasser le fait.
- Classement
- pourquoi il classe les cas évidents instantanément et devine sur les cas limites.
- Prospection
- pourquoi la note d'accompagnement sonne juste avant que le détail client soit vérifié.
- Dirigeant
- pourquoi un paragraphe assuré n'est pas une preuve, et ce que ça implique pour un conseil.
« Donc c'est juste de la saisie prédictive ? » N'acceptez pas la dévalorisation, et ne survendez pas contre elle. Dites : même mécanisme, et à cette échelle le comportement est assez différent pour que la comparaison cesse d'être utile. Puis passez à la diapo 4, qui y répond vraiment.
Il a beaucoup lu, puis on lui a appris à aider.
Deux étapes. Il apprend à prédire du texte sur une masse énorme d'écrits, puis des humains notent ses réponses jusqu'à ce qu'il se comporte comme un assistant. Deux habitudes en restent : il a tendance à être d'accord, et à écrire long.
« Deux étapes ont fabriqué cet outil. D'abord il a lu énormément et appris à prédire du texte. Ça seul, ça vous donne quelque chose de fluide qui n'a aucune idée de comment être utile. Ensuite des humains ont noté ses réponses, encore et encore, jusqu'à ce qu'il se comporte comme un assistant. La politesse et la prudence ne sont donc pas magiques, elles ont été apprises. Le même entraînement a laissé deux habitudes à connaître : il penche vers l'accord avec vous, et il penche vers le trop long. Les deux se corrigent en le demandant. « Contredis-moi là-dessus » et « moitié moins long » marchent très bien. »
- « Dans votre travail, où est-ce qu'un assistant trop d'accord vous coûterait vraiment quelque chose ? »
(attendez)
- Enquêteur
- demandez-lui de plaider l'autre thèse du dossier avant d'arrêter la vôtre.
- Analyste
- demandez ce qu'il faudrait pour que votre lecture des données soit fausse.
- Designer
- demandez laquelle des trois pistes est la plus faible, et pourquoi.
- Travailleur du savoir
- demandez ce qui manque à votre note de procédure.
- Rapporteur
- demandez quelle ligne du briefing un lecteur sceptique attaquerait d'abord.
- Contenu
- demandez-lui d'attaquer l'argument du post, pas de polir la formulation.
- Classement
- demandez où la règle que vous lui avez donnée cesse de fonctionner.
- Prospection
- demandez pourquoi ce client pourrait dire non, avant d'envoyer.
- Dirigeant
- demandez le meilleur argument contre la recommandation qui vous plaît déjà.
« Il est trop d'accord » rassure au lieu d'inquiéter. Rendez le coût concret : un assistant toujours d'accord ne vaut rien au moment précis où vous avez besoin d'un deuxième avis.
Solide sur le travail courant. Vérifiez les affirmations précises.
Parce qu'il prédit ce qui sonne juste, il excelle sur le travail mille fois écrit, et il peut énoncer un fait faux avec une confiance totale. La réponse est une habitude, pas la peur.
« Voilà le marché. Parce qu'il prédit ce qui sonne juste, il est vraiment solide sur le travail déjà fait un million de fois : résumer, rédiger, expliquer, reformuler. Et il peut vous dire quelque chose de faux avec une assurance totale. On appelle ça une hallucination : sûr de lui, mais faux. Pas besoin d'en avoir peur, il faut une habitude : plus l'affirmation est précise, plus elle mérite un coup d'œil. Les noms, les dates, les chiffres, les citations, les liens. Soyez le plus prudent hors de votre domaine, parce que c'est là que vous ne verrez pas l'erreur. »
- « Dans votre travail, quelles affirmations seraient gênantes si elles étaient fausses ? »
- « Comment les vérifieriez-vous aujourd'hui, sans IA ? »
(attendez)
- Enquêteur
- ne prenez jamais une référence, un texte ou une date pour argent comptant.
- Analyste
- refaites le calcul de tout chiffre qu'il énonce au lieu de le recopier.
- Designer
- surveillez les noms de produits et les caractéristiques inventés.
- Travailleur du savoir
- confirmez toute règle ou tout seuil qu'il vous cite.
- Rapporteur
- vérifiez chaque chiffre qui sera lu comme un fait au-dessus de vous.
- Contenu
- vérifiez les citations et les attributions, l'erreur classique.
- Classement
- contrôlez les cas limites ; les cas courants posent rarement problème.
- Prospection
- vérifiez les faits propres au client, son nom, son secteur, son dernier projet.
- Dirigeant
- traitez un paragraphe assuré comme une hypothèse, pas comme un constat.
C'est ici qu'arrive le « donc on ne peut pas s'y fier du tout ». Répondez par le calibrage : vous travaillez déjà comme ça avec un collègue compétent qui débute. Vous ne refusez pas son travail, vous savez quelles parties contrôler.
Il a une mémoire de travail, et elle se remplit.
Tout ce à quoi Claude fait attention tient dans un seul contenant. Ce qui est dedans, il s'en sert. Ce qui en sort, il l'a perdu sans le dire. Deux habitudes en découlent.
« Tout ce à quoi il fait attention tient dans un seul contenant : vos messages, ses réponses, ce que vous avez déposé. Ce qui est dedans, il peut s'en servir. Quand le contenant se remplit, les parties anciennes sortent, et il ne vous dira pas qu'elles sont sorties. Donc deux habitudes. Dans une longue conversation, redites ce qui compte au lieu de croire que le début a survécu. Et ne supposez pas qu'il se souvient de la semaine dernière : une correction faite dans une conversation ne passe pas dans la suivante, sauf si vous l'avez mise quelque part où il peut la voir. Le contenant est grand, environ cinq cents pages, mais il n'est pas infini. »
- « Vous avez déjà vu le fil se perdre au milieu d'un travail long ? Ça ressemblait à quoi ? »
(attendez)
- Enquêteur
- redites les faits clés du dossier quand une longue analyse dérive.
- Analyste
- recollez les définitions de colonnes au lieu de supposer qu'elles tiennent.
- Designer
- redites les règles de marque avant le dernier tour, pas seulement au début.
- Travailleur du savoir
- ouvrez une conversation par dossier au lieu d'un fil sans fin.
- Rapporteur
- redites le public et le format chaque fois que vous y revenez.
- Contenu
- réancrez le style maison avant la passe finale.
- Classement
- gardez les règles de catégorie sous ses yeux, près de la fin.
- Prospection
- redites qui est le client avant le dernier brouillon.
- Dirigeant
- ne supposez rien d'une conversation ouverte mardi dernier.
« Mémoire » fait penser à un stockage définitif de leurs données. Séparez proprement les deux idées : le contenant de travail est une chose, la fonction mémoire de la diapo 12 en est une autre, et les deux leur sont visibles.
Traitez-le comme un collègue, pas comme un moteur de recherche.
Pas de syntaxe spéciale, pas de mots magiques. Le vrai saut n'est pas un outil plus malin, c'est une meilleure classe de tâches : apportez-lui le travail que vous feriez vous-même.
« Il n'y a pas de syntaxe à apprendre, et il n'y a pas de mots magiques. Parlez-lui comme vous briefez un collègue compétent. Ce qui change, ce n'est pas votre façon de taper, c'est ce que vous apportez. La plupart des gens lui apportent des questions qu'ils auraient pu chercher : que veut dire ce sigle, écris-moi un haïku. Petit à l'entrée, petit à la sortie. Apportez-lui le travail que vous feriez normalement vous-même, et ce n'est plus le même outil. Le même Claude sur le web, sur l'ordinateur et sur le téléphone, et vous restez connecté partout. »
- « Quelle tâche vous bloquez-vous une heure pour faire, sans avoir jamais pensé à la lui apporter ? »
(attendez)
- Enquêteur
- pas « que veut dire ce terme », mais « lis ce dossier et dis-moi ce qui manque ».
- Analyste
- pas « c'est quoi une médiane », mais « trouve ce qui bouge vraiment dans ce tableur ».
- Designer
- pas « donne-moi une accroche », mais « teste ces trois pistes contre le brief ».
- Travailleur du savoir
- pas « comment formuler ça », mais « rédige-le à partir de ces notes ».
- Rapporteur
- pas « quelle bonne structure », mais « transforme ça en briefing de lundi ».
- Contenu
- pas « écris un post sur X », mais « voici mon argument, trouve le maillon faible ».
- Classement
- pas « explique ce formulaire », mais « classe ces quarante selon mes règles ».
- Prospection
- pas « écris un mail commercial », mais « voici le client et l'historique, rédige ».
- Dirigeant
- pas « résume ce sujet », mais « teste ce plan avant jeudi ».
La salle ne lui a en général posé que des questions de culture générale. C'est la première cause de « j'ai essayé, ça ne m'a pas convaincu ». Dites-le à voix haute : ça requalifie leur déception en sous-utilisation, pas en verdict.
Un bon résultat commence par un vrai brief.
La pièce maîtresse. Une bonne demande fait trois choses : elle plante le décor, dit la tâche, donne les règles. La plupart des réponses décevantes sont des demandes sous-briefées.
« Si vous ne retenez qu'une chose aujourd'hui, retenez ça. Une bonne demande fait trois choses. Elle plante le décor : qui vous êtes, ce qui se passe. Elle dit la tâche : ce que vous voulez obtenir. Et elle donne les règles : le ton, la longueur, le format. Regardez la différence à l'écran. « Écris un mail sur le retard du projet » vous donne du générique, et ensuite vous accusez l'outil. La version avec le décor et les règles vous donne quelque chose que vous pourriez presque envoyer. Même demande. Tout l'écart est dans le brief. »
- « Reprenez la tâche qui vous mange la semaine. Briefez-moi à voix haute, comme si je commençais lundi. Décor, tâche, règles. »
- « Qu'est-ce que vous avez omis en supposant que je le savais ? »
(attendez)
- Enquêteur
- le décor, c'est le dossier et son stade ; les règles, le format exigé.
- Analyste
- le décor, c'est la donnée et son lecteur ; les règles, le niveau de détail.
- Designer
- le décor, c'est la campagne et l'audience ; les règles, la voix de marque.
- Travailleur du savoir
- le décor, c'est le processus ; les règles, le format maison.
- Rapporteur
- le décor, c'est le lecteur et la semaine ; les règles, la structure.
- Contenu
- le décor, c'est la plateforme ; les règles, la voix et ce qui est interdit.
- Classement
- le décor, ce sont les catégories ; les règles, quoi faire en cas de doute.
- Prospection
- le décor, c'est le client et l'historique ; les règles, le ton et la clôture.
- Dirigeant
- le décor, c'est la décision à prendre ; les règles, une page, conclusion d'abord.
Quelqu'un dira que ça fait beaucoup à taper pour un mail. Donnez-lui raison, puis recadrez : vous écrivez le brief une fois et vous le réutilisez, c'est exactement l'objet de la diapo 12. Pointez vers l'avant plutôt que de vous défendre.
La première réponse est un brouillon, pas un verdict.
Travailler avec Claude est une boucle : demander, lire, dire quoi changer, recommencer. C'est eux qui décident quand c'est fini, pas l'outil.
« La première réponse est un brouillon. C'est tout. Les gens lisent la première réponse, décident que ce n'est pas ça, et ferment l'onglet. C'est comme lire le premier jet d'un collègue et le licencier. Dites ce qu'il faut changer et relancez, autant de tours qu'il faut. Deux choses font marcher la boucle. Le précis bat le vague : « coupe les deux premiers paragraphes » marche mieux que « fais plus court ». Et si une conversation part vraiment de travers, une nouvelle conversation avec un meilleur brief est souvent plus rapide que de sauver l'ancienne. »
- « Quand vous avez eu une réponse décevante, vous lui avez dit ce qui n'allait pas, ou vous avez abandonné ? »
(attendez)
- Enquêteur
- « trop tendre sur les faiblesses, nomme-les directement. »
- Analyste
- « enlève le commentaire, donne-moi les trois chiffres qui ont bougé. »
- Designer
- « c'est la piste deux, pousse-la et abandonne les autres. »
- Travailleur du savoir
- « même structure, mais pour quelqu'un qui n'était pas en réunion. »
- Rapporteur
- « la deuxième partie est l'info, commence par elle. »
- Contenu
- « l'argument est bon, l'ouverture est molle. Réécris le premier paragraphe. »
- Classement
- « ces quatre-là sont faux, voici pourquoi, refais-les et laisse le reste. »
- Prospection
- « plus chaleureux, et coupe le dernier paragraphe. »
- Dirigeant
- « la version qui tient sur une page avec la recommandation en haut. »
L'apprenant qui réécrit sans cesse la demande d'origine au lieu de répondre dans la conversation. Nommez-le : vous avez le droit de simplement lui dire ce qui ne va pas.
Dites ce que vous cherchez à obtenir.
Une consigne peut être suivie à la lettre et rater l'intention. Donnez l'objectif à côté de la consigne, et l'écart se referme.
« C'est l'amélioration que presque tout le monde rate. « Fais plus court » peut être obéi parfaitement et quand même gâcher la chose, parce que ça a coupé la partie dont vous aviez besoin. Dites ce que vous cherchez vraiment : « fais plus court, mon objectif c'est que le point clé survive à vingt secondes de lecture en diagonale ». Consigne plus objectif. Là, il peut faire les arbitrages comme vous les auriez faits. Ça marche aussi sur les humains, et c'est pour ça que l'habitude vaut le coup. »
- « Pensez à une fois où quelqu'un a fait exactement ce que vous aviez demandé et où ce n'était toujours pas ce que vous vouliez. Quel objectif n'aviez-vous pas dit ? »
(attendez)
- Enquêteur
- « plus court, pour qu'un juge qui le découvre saisisse en une minute. »
- Analyste
- « plus simple, pour qu'un non-spécialiste agisse sans me poser de questions. »
- Designer
- « plus fort, pour que ça se lise encore depuis le fond de la salle. »
- Travailleur du savoir
- « plus clair, pour que personne ne m'écrive pour demander ce que je voulais dire. »
- Rapporteur
- « plus serré, pour que le seul changement de la semaine soit impossible à rater. »
- Contenu
- « plus professionnel, parce que ça part au conseil, plus à l'équipe. »
- Classement
- « plus de détail, mais seulement celui qui décide la catégorie. »
- Prospection
- « plus chaleureux, pour que ça se lise comme quelqu'un qui les a rencontrés. »
- Dirigeant
- « une page, pour que la décision soit évidente sans lire les annexes. »
Cette diapo atterrit discrètement et c'est celle dont les gens reparlent des semaines plus tard. Donnez-lui plus de temps que sa taille ne le suggère.
Montrez-lui la vraie matière.
Ne décrivez pas le document, donnez-le. Il lit les rapports, les tableurs, les images et les présentations, et répond à partir de ce qui s'y trouve.
« Arrêtez de lui décrire votre document. Donnez-lui le document. Il lit les rapports, les tableurs, les photos, les présentations. Une conversation tient environ cinq cents pages, donc « lis ce contrat de soixante pages et signale ce qui sort de l'ordinaire » est une demande normale, pas une prouesse. Et c'est ce qui fait que le résultat ressemble à votre travail au lieu d'être générique : c'est votre travail. La matière est la vôtre, il fait juste la lecture. »
- « Qu'est-ce qui est sur votre bureau en ce moment que vous donneriez à un collègue si vous en aviez un ? »
- « Qu'est-ce qui vous empêche de le donner à ça ? »
(attendez)
- Enquêteur
- le dossier complet, puis « qu'est-ce qui manque avant que je conseille ».
- Analyste
- l'export brut, puis « qu'est-ce qui bouge vraiment ici ».
- Designer
- la charte et le brief, puis « vérifie ça contre les deux ».
- Travailleur du savoir
- les douze documents similaires, puis « sors ce qui diffère ».
- Rapporteur
- les notes et les chiffres du mois, puis « rédige le briefing ».
- Contenu
- la transcription, puis « trouve les trois posts cachés là-dedans ».
- Classement
- le lot et les règles, puis « classe et signale ce qui est ambigu ».
- Prospection
- les trois derniers échanges, puis « rédige la relance ».
- Dirigeant
- les documents de jeudi, puis « qu'est-ce qu'un sceptique demanderait ».
« Est-ce que je peux déposer nos documents ? » est une vraie question et mérite une vraie réponse, pas une formule rassurante. Donnez la position exacte pour leur offre, et dites-leur de vérifier la politique de leur organisation avant que quoi que ce soit de confidentiel parte quelque part. Ne promettez rien à la place de leur DSI.
Arrêtez de vous réexpliquer à chaque fois.
Un projet est un espace où vivent les fichiers et les consignes permanentes, si bien que chaque conversation démarre briefée. La mémoire retient le rôle et les préférences.
« À ce stade vous vous dites peut-être que ça fait beaucoup de préparation à chaque fois. Non, parce que vous le faites une fois. Un projet est un espace de travail : vous y mettez les fichiers une fois, la charte, le contrat, les travaux passés, et vous écrivez vos consignes permanentes une fois, « toujours en français simple, toujours finir par les prochaines étapes ». Chaque conversation ouverte là-dedans démarre en sachant tout ça. À côté, il retient votre rôle et vos préférences d'une conversation à l'autre, et vous pouvez regarder ce qu'il garde et le modifier. Entre les deux, votre dixième conversation ne devrait rien avoir à voir avec la première, parce que vous avez arrêté de vous présenter. »
- « Qu'est-ce que vous réexpliquez à chaque fois que vous commencez ? »
- « Voilà votre consigne permanente. Qu'est-ce qui va dans le dossier avec elle ? »
(attendez)
- Enquêteur
- un projet par dossier, avec la pièce et le format maison dedans.
- Analyste
- les définitions de colonnes et le modèle de rapport, déposés une fois.
- Designer
- la charte et trois travaux passés qui ont visé juste.
- Travailleur du savoir
- la note de procédure et le modèle, pour que chaque cas démarre pareil.
- Rapporteur
- le briefing du mois dernier comme format à suivre.
- Contenu
- les règles de style et la liste des mots que vous n'utilisez jamais.
- Classement
- les définitions de catégories, y compris les cas pénibles.
- Prospection
- l'historique du client et votre structure standard.
- Dirigeant
- le document de stratégie contre lequel tout est testé.
On confond projets et mémoire. Gardez-les séparés : le projet est un endroit où vous mettez des choses volontairement, la mémoire est quelque chose qu'il capte. Les deux sont visibles et modifiables, et cette réponse suffit en général à lever la gêne.
Décidez ce qui reste à vous.
Bien utiliser Claude commence avant le premier prompt : pour chaque travail, choisir ce qu'on garde, ce qu'on fait ensemble, ce qu'on confie. La valeur se concentre au milieu.
« C'est la partie que les gens sautent, et c'est celle qui décide si ça marche pour vous. Avant de demander quoi que ce soit, coupez le travail en trois. Ce qui reste à vous : le jugement final, tout ce qui est confidentiel, tout ce que vous ne pourriez pas vérifier si c'était faux. Ce que vous faites ensemble : réfléchir à un problème, rédiger et reprendre, éprouver un plan. Et ce que vous confiez : résumer, reformater, les premiers jets de choses routinières, le travail de recherche. Le but n'est pas de tout automatiser. C'est au milieu qu'est la valeur, parce que vous apportez l'expertise et l'enjeu, et lui la vitesse et l'ampleur. Si vous ne savez pas dans quelle case ranger quelque chose, demandez-lui de vous aider à découper la tâche. Cette conversation ne coûte rien. »
- « Reprenez la tâche du début. Coupez-la en trois, à voix haute. »
- « Quelle partie vous a surpris en se révélant confiable ? »
(attendez)
- Enquêteur
- le conseil reste à vous ; la chronologie et le premier résumé, non.
- Analyste
- l'interprétation reste à vous ; le nettoyage et la première coupe, non.
- Designer
- le choix créatif reste à vous ; les redimensionnements, non.
- Travailleur du savoir
- les exceptions restent à vous ; les cas standard, non.
- Rapporteur
- ce qui compte cette semaine reste à vous ; l'assemblage, non.
- Contenu
- l'argument reste à vous ; la rédaction et le reformatage, non.
- Classement
- les cas ambigus restent à vous ; les évidents, non.
- Prospection
- la relation reste à vous ; le premier jet, non.
- Dirigeant
- la décision reste à vous ; le dossier qui l'informe, non.
Deux réactions opposées dans la même salle : « je ne confierais presque rien » et « je confierais presque tout ». Les deux se trompent de la même façon, et le découpage en trois est le correctif. Ne discutez avec aucune des deux, faites-leur faire le découpage à voix haute.
Trois vérifications avant que ça quitte votre bureau.
Un travail assisté par l'IA reste votre travail. Vérifier les éléments précis, le dire là où on l'attend, mettre son nom dessus.
« Trois vérifications avant que quoi que ce soit quitte votre bureau. Vérifiez les éléments précis : les noms, les chiffres, les affirmations, vérifiés et non supposés. Dites-le là où votre public s'attendrait à le savoir. Et mettez votre nom dessus, parce que c'est vous qui portez le résultat, pas l'outil. Ce que « le dire » veut dire change avec le contexte : un rapport client, une note interne et un mail personnel ne portent pas les mêmes attentes. Sachez où votre entreprise met la limite, et dans le doute, dites-le simplement en bas de page. »
- « Où votre organisation met-elle cette limite ? Vous le savez vraiment, ou vous le supposez ? »
(attendez)
- Enquêteur
- les règles déontologiques passent avant, et elles ne se négocient pas.
- Analyste
- indiquez la méthode, y compris l'aide d'un modèle, en annexe.
- Designer
- vérifiez les clauses IA des contrats clients avant la livraison.
- Travailleur du savoir
- suivez la politique interne, et demandez s'il n'y en a pas.
- Rapporteur
- une ligne en bas de page suffit en général pour un briefing interne.
- Contenu
- les règles des plateformes et les attentes clients s'appliquent, et diffèrent.
- Classement
- ici, la traçabilité compte plus que la mention.
- Prospection
- un client ne doit jamais l'apprendre par le texte plutôt que par vous.
- Dirigeant
- vous fixez la norme pour tous ceux d'en dessous, que vous le vouliez ou non.
Quelqu'un dont l'employeur n'a aucune politique, ce qui est fréquent. N'en inventez pas une pour lui. Dites que le réflexe sûr est de le dire simplement et de poser la question, et qu'être celui qui a posé la question est une bonne position.
Des réponses aux livrables finis.
Tout ça se passe dans une fenêtre de conversation. Les mêmes compétences se transposent aux outils où Claude travaille dans les vrais fichiers. C'est une autre séance, et les compétences d'aujourd'hui en sont le socle.
« Tout ce qu'on a vu se passe dans une fenêtre de conversation. Il y a une étape au-delà, et ça vaut la peine de savoir qu'elle existe : des outils où il travaille dans vos vrais fichiers et vous rend le document fini. Le changement, c'est déléguer plutôt que discuter. « Regarde les notes de réunion, le fil de mails et la proposition, et écris-moi le résumé d'une page pour le comité. » Il planifie, avance étape par étape, vous demande avant de faire quoi que ce soit d'important, et enregistre le résultat dans votre dossier. C'est pour une autre séance. Tout ce que vous avez appris aujourd'hui en est le socle, donc rien ici n'est perdu. »
Restez court et ne faites pas de démonstration. Cette diapo pose un jalon, elle ne vend rien. Si quelqu'un veut cette conversation, ayez-la après. Enchaîner sur une démo de Claude Code ici fait perdre la salle que vous venez de construire.
Le passionné qui veut sauter des étapes. Tenez la ligne : les habitudes des diapos 8 à 13 sont ce qui fait marcher l'étape suivante, et les sauter est la raison pour laquelle les gens décrochent.
Choisissez une tâche cette semaine.
Une tâche récurrente, pas dix. La passer dans la boucle, la comparer à sa propre version, et garder le prompt qui a marché.
« Une tâche cette semaine. Pas dix. Quelque chose de récurrent que vous faites déjà : le mail hebdomadaire, les notes de réunion, la vérification du tableur. Briefez correctement, faites tourner la boucle, puis faites la chose qui vous apprend le plus vite : comparez sa version à la vôtre. Vous verrez exactement où il vous fait gagner du temps et où votre jugement fait encore le travail. Gardez le prompt qui a marché. C'est le début de votre propre bibliothèque, et c'est tout le parcours, une tâche à la fois. »
- « Nommez la tâche. À voix haute, maintenant, pour cette semaine. »
- « Quand exactement cette semaine ? »
(attendez)
Reprenez la tâche nommée au début et rendez-la comme devoir. Si la salle est silencieuse, prenez la tâche d'une personne et briefez-la ensemble à voix haute pendant les cinq dernières minutes. Cette répétition vaut mieux qu'une diapo de plus.
- Enquêteur
- le résumé de dossier que vous écrivez à chaque ouverture.
- Analyste
- le rapport récurrent que personne n'aime assembler.
- Designer
- les déclinaisons après la validation de la création.
- Travailleur du savoir
- le lot de documents similaires qui mange une matinée.
- Rapporteur
- le briefing du lundi.
- Contenu
- transformer un long texte en posts de la semaine.
- Classement
- la passe de classement hebdomadaire.
- Prospection
- la relance que vous repoussez depuis des semaines.
- Dirigeant
- la note de lecture avant chaque conseil.
L'outil prédit des mots. Le résultat dépend de la personne qui conduit.
La ligne de clôture. La machine est simple ; ce qu'elle vaut se décide chez la personne qui l'utilise.
« Voilà la séance en une ligne. L'outil prédit des mots. Tout le reste, c'est-à-dire s'il vaut quelque chose pour vous, dépend de vous : ce que vous lui apportez, comment vous le briefez, ce que vous vérifiez, et ce que vous décidez de garder pour vous. »
N'ajoutez pas de résumé après cette ligne. Arrêtez-vous, puis prenez les questions. Si personne ne parle, une relance : « qu'est-ce que vous allez essayer en premier ? », et attendez.